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Le vieillissement des dirigeants de PME :
une urgence économique

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Le vieillisement des dirigeants d'entreprises

En prolongement des Carnets de BPCE L’Observatoire dédiés à la cession-transmission des PME publié le 14 mai 2019, un focus sur le vieillissement des dirigeants a été réalisé. En effet, en 2005, moins de 15 % des dirigeants de PME et d'ETI avaient plus de 60 ans, ils étaient un sur cinq en 2016. Ce constat est d’autant plus significatif que le recul du marché des cessions-transmissions en France a été encore plus sensible pour les dirigeants âgés.

Alain Tourdjman, directeur Etudes et Prospective, Groupe BPCE,

nous dit pourquoi le vieillissement des dirigeants d’entreprises en France compromet le développement du tissu de PME.

La baisse d’environ 30 % des cessions entre 2013 et 2016 infirme l’idée reçue selon laquelle le vieillissement des dirigeants – qui se poursuit – serait le principal déterminant des transactions d’entreprises – qui refluent. D’ailleurs, le recul des transactions a été plus marqué en fin d’activité professionnelle et moins sensible chez les cédants quadragénaires ou quinquagénaires. En effet, les cessions liées au vieillissement, par définition plus structurelles, n’ont pas mieux résisté que les opérations d’opportunité des plus jeunes et le renouvellement « naturel » de la population des chefs d’entreprises se fait toujours attendre…

Dès lors, le vieillissement des dirigeants de PME s’accentue : si 17,4 % d’entre eux étaient âgés de 60 ans et plus en 2010, cette proportion est passée à 20,5 % en 2016 et devrait dépasser 23 % en 2021 ! Cette évolution tient à un déficit récurrent d’opérations en fin de vie active : si l’écart entre les intentions fermes de cession et les ventes réalisées est faible chez les dirigeants de moins de 55 ans, il se creuse nettement au-delà de 60 ans où les transactions correspondent à moins de la moitié des intentions de vente à la fois certaines et à court terme. Ce déficit tient notamment à un certain nombre de facteurs inhibant qui conduisent souvent le dirigeant à repousser la préparation, puis la mise en œuvre de la cession. Ainsi, la crainte d’une perte de confidentialité, exacerbée par la loi Hamon, les incertitudes quant à la qualité et au prix des conseils, la complexité réglementaire mais aussi, à titre plus personnel, la rupture du lien avec l’entreprise, le changement de statut social et l’aspiration à trouver davantage un « fils spirituel » ou un « alter ego » qu’un simple acheteur solvable contribuent à reporter l’opération de vente.

Avec l’avancée en âge, les dirigeants adoptent souvent précocement une stratégie de consolidation des fonds propres, de désendettement et de sous-investissement. Moins adaptée aux transformations de son marché (demande, normes, technologies…) et plus dépendante de la personnalité de son dirigeant, l’entreprise se dévalorise, voire devient invendable. Macro-économiquement, le potentiel de croissance du pays s’érode et micro-économiquement la cession est compromise par le désintérêt ou par l’abaissement des offres des acquéreurs. Enfin, si l’insuffisance des reprises ne se traduit pas encore par une recrudescence des disparitions de PME, leurs dirigeants restent à la barre plus nombreux à des âges élevés.

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