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Les dynamiques territoriales de l’investissement public local

Le Groupe BPCE est un partenaire majeur des collectivités locales en France. Grâce à la connaissance approfondie de ce marché, les économistes de BPCE ont ainsi réalisé une étude sur les stratégies d’investissement public local entre 2011 et 2016.

Les collectivités locales sont le premier investisseur public en France. Depuis quelques années, elles doivent cependant faire face à une augmentation des contraintes budgétaires qui s’imposent à elles, les menant souvent à réaliser un arbitrage en défaveur de l’investissement. Cette étude vise à mettre en lumière les stratégies ex-post de l’investissement public à l’échelle territoriale entre 2011 et 2016, ainsi que les déterminants des choix qui ont motivé les décideurs publics.

De manière agrégée, la situation des collectivités locales a fortement évolué entre 2011 et 2016. Ces dernières ont simultanément réduit leur investissement à un niveau sans précédent depuis la décentralisation et souffert d’une détérioration de leur santé financière. Dans ce contexte, les stratégies des collectivités ont été variées et adaptatives, et ont abouti à une croissance des disparités à l’échelle locale.

Les facteurs politiques sont une première source d’explication de ces disparités (importance de la bonne gestion des collectivités, de leur niveau d’endettement initial avant que la situation ne se dégrade réellement).

Les facteurs socioéconomiques sont également des déterminants importants de l’investissement public local: les zones les plus pauvres et les moins dynamiques, en termes de croissance du PIB et de croissance démographique, sont également celles dont la situation s’est la plus dégradée au cours des dernières années. Elles ont d’une part des ressources plus limitées puisqu’elles collectent moins d’impôts et de taxes, et d’autre part des dépenses plus importantes puisqu’elles doivent verser davantage de prestations sociales. Pourtant, les besoins d’investissement des territoires ruraux, et plus encore montagneux, sont bien supérieurs à la moyenne.

A l’inverse, même si la plupart des métropoles régionales semble atteindre plus facilement des équilibres économiques "acceptables", l’Île-de-France et le Rhône, mais aussi plus particulièrement Paris, semblent souffrir de difficultés particulières malgré leur dynamisme économique et leur concentration d’activités et de richesse.

Le contexte politique va changer dans les années à venir, les règles des nouvelles relations contractuelles pouvant être considérées comme très contraignantes (limitation de la hausse des dépenses de fonctionnement, réduction du besoin de financement, amélioration de la capacité de désendettement). Le risque de cette politique de restauration de la solvabilité est de prolonger et de généraliser les arbitrages sur l’investissement. Le retour de la croissance offre cependant des marges de manœuvre mais bénéficiera essentiellement, via la hausse des recettes et la baisse des dépenses, aux grandes métropoles et aux territoires dont la situation actuelle est moins dégradée en termes de solvabilité et de maintien d’un niveau d’équipement convenable.

La poursuite de cette étude et sa mise à jour lorsque de nouvelles données seront disponibles permettra d’une part de s’assurer de la stabilité et de la cohérence des groupes mis en évidence. D’autre part, cela permettra de déterminer si les stratégies passées de contraction de l’investissement constituent une bonne grille de lecture des choix de relance de l’équipement largement adoptés en 2017 à la faveur du cycle électoral et de l’accélération de la croissance.

  • Etudes économiques